L’État et la participation citoyenne

Pourquoi parler de participation citoyenne en alimentation dans ces élections québécoises ?

Nous avons tous un rapport direct et personnel à l’alimentation. Nos habitudes alimentaires développées durant notre prime enfance ou celles que les circonstances de la vie nous ont obligé à prendre, influencent ce que nous mangeons. Cependant, changer de façon importante notre alimentation, ne peut pas se faire exclusivement par l’exercice du pouvoir individuel que d’acheter tel aliment plutôt que tel autre, comme le soutien une approche qui se limite à l’individu. Des milliers de personnes n’ont pas ce pouvoir de choisir et d’acheter ce qu’ils ont besoin ou ce qu’ils désirent comme aliments santé.

À la Table sur la faim et le développement social du Montréal métropolitain, nous considérons plutôt que la convergence de ces liens individuels à l’alimentation nous confère un droit collectif de décider ensemble de l’organisation de ce rapport que nous avons tous à l’alimentation. D’abord parce que nous ne sommes pas que des individus mais nous sommes une société qui partageons un vivre ensemble qui nous interpelle tous. Également parce que l’alimentation ne se limite pas aux choix de nos aliments dans un marché, elle implique les connaissances culinaires et nutritionnelles sur l’alimentation de la population, l’organisation de la production, son transport, sa distribution, etc, toute chose que nous considérons relevées du marché, alors qu’elles nous concernent tous.

C’est dans cette perspective que nous nous posons les questions relatives à la participation citoyenne suivantes :

  • Que pensent les personnes qui reçoivent le dépannage alimentaire de celui-ci ? De quel type d’organisation de l’alimentation rêvent-elles ?
  •  Qu’est-ce que les citoyens pensent qu’on doit faire comme société lorsque le prix des aliments augmente ?
  • A-t-on consulté les citoyens de chaque région du Québec lorsqu’on a rédigé le plan de lutte contre la pauvreté ou celui sur la politique bioalimentaire du gouvernement ? Qui mieux que ceux qui vivent le problème de la faim pour dire ce que devrions-nous faire pour la combattre ou que les citoyens soucieux de leur santé pour inscrire la production alimentaire dans un projet pour améliorer notre santé?
  • Faisons-nous des efforts pour que les personnes qui ont des difficultés à acheter leurs aliments puissent participer à ces comités ou dans des instances qui décident de ce qui est bon pour eux, plutôt que d’autres le fassent à leur place ?
  • Pourquoi ne pas soutenir l’organisation citoyenne pour que les citoyens qui vivent les problèmes en alimentation, mais aussi tous les citoyens qui subissent la hausse vertigineuse des aliments (30% en 10 ans), puissent se rencontrer, discuter, formuler des propositions et s’engager dans des actions concrètes pour combattre la faim et la mauvaise alimentation ?
  • Les projets en alimentation ne devraient-ils pas émerger de ces citoyens réunis pour en débattre et proposer des solutions répondant vraiment à leurs besoins et aspirations ? Pourquoi ne pas dépasser une participation limitée des citoyens à une consultation et favoriser plutôt leur participation pleine et entière dans la prise de décisions des projets en alimentation, et cela à toutes les étapes de leur réalisation ?
  • Que faire pour que ce soit les 99 % de la population qui décide et construise un système alimentaire dont l’objectif serait de satisfaire leurs besoins et non faire le maximum de profits comme c’est le cas actuellement ?

Ce sont ces questions qui nous ont amené à présenter une demande aux partis et aux candidats aux élections québécoises de 2018 concernant la participation citoyenne. Nous avons besoin qu’ils s’engagent dans un processus pour donner un pouvoir collectif à la société civile sur l’organisation de son alimentation.

Qu’en pensez-vous ? Écrivez-nous : adjoint.table@bellenet.ca

Que pensent les candidats de votre circonscription ? Écrivez-nous.
Notre demande concernant la participation citoyenne

L’État québécois et la participation citoyenne

Considérant

  • qu’une partie de notre population ne peut pas se nourrir convenablement;
  • que cette population ainsi que la grande majorité des citoyens sont peu consultés ou n’ont presque aucun pouvoir de décision sur l’organisation dans notre société de ce besoin pourtant essentiel (sur les prix, sur la production, sur la distribution, sur la transformation);
  • que notre alimentation est globalement organisée à son seul profit par le 1 % de la population (grandes entreprises qui contrôlent la production, la transformation et la distribution des aliments que nous consommons) pour la population qui peut les payer malgré les hausses de prix;
  • que c’est le temps pour les 99 % de la population d’enfin décider de la façon dont nous pouvons tous nous nourrir convenablement sans exclure personne et en respectant notre planète et l’avenir des générations futures.

Nous invitons les partis politiques provinciaux participant à cette élection 2018 à prendre publiquement position sur cet enjeu prioritaire :

Favoriser la participation des citoyens aux décisions collectives sur notre alimentation soit sur les actions, mesures et politiques en alimentation qui les concernent. Le gouvernement co-construira ainsi notre politique nationale en alimentation avec les principaux acteurs concernés, soit les citoyens qui vivent ces problèmes d’accès à l’alimentation et de perte de pouvoir sur le système alimentaire, les organismes qui les soutiennent et les autres acteurs de ce système.

Pour stimuler cette participation citoyenne, le gouvernement :

  • soutiendra l’organisation des assemblées citoyennes par quartiers, par ville et par région.
  • financera les comités citoyens qui s’impliquent dans les actions concernant l’alimentation.
  • contribuera à l’organisation de ces structures locales, régionales et nationale de participation citoyenne afin que les citoyens puissent toujours avoir la possibilité de s’exprimer et de décider des enjeux les concernant.
  • contribuera ainsi à la création d’un grand Conseil citoyen en alimentation qui encouragera l’expression des besoins et aspirations des citoyens et fera appel aux organismes communautaires, aux comités citoyens, aux tables de concertation locale en alimentation qui existent dans les différents quartiers et régions.
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